Главная arrow Пресса arrow Рецензия на диск «Identification». Издание «Impro Jazz» (F.Langlois, France).
Рецензия на диск «Identification». Издание «Impro Jazz» (F.Langlois, France).
 
«Impro Jazz», January, 2012

Fritz Langlois
 
Cinquième album de l'année pour le prolifique Alexey Kruglov; et le quatrième pour Leo Records, partenaire idéal de ce genre de projet sans compromis (déjà parus sur le label londonien depuis 2010: Seal Of Time, Russian Metaphor et Karate, ces deux derniers chroniqués dans Impro Jazz n° 180). L'improvisateur (au physique évoquant le jeune John Surman) aime à varier ses partenaires de jeu, et ceux qui l'épaulent ici sont le bassiste Dmitry Denisov et le batteur Vladimir Borisov, de jeunes musiciens originaires, comme lui, de la ville de Yaroslav ("un exemple exceptionnel de l’échange d’influences culturelles et architecturales entre l’Europe de l’Ouest et l’empire russe"). Ce trio, issu du collectif "Krugly Band" et dont cette session constitue la première manifestation discographique, propose une pièce de plus d'une heure, à écouter d'un trait puisque le CD ne comporte qu'une seule piste. Comme un concert de musique improvisée, mais à la maison.
 
Ce qui ne manque pas de sens, l'auditeur n'étant pas censé "zapper" dans l'œuvre, celle-ci se présentant comme unité cohérente et indissociable, la continuité de l'écoute voulue par Kruglov participant de l'expérience. L'objectif avoué de l'artiste est d'atteindre un point de rencontre entre improvisation libre et musique composée (c'est lui qui le dit dans les notes de pochettes - on n'est jamais si bien servi que par soi-même), selon une logique de l'écoute qui, en principe, préside à toute séance d'improvisation en groupe, chaque son produit redéfinissant à tout moment le matériau à partir duquel s’infléchit le cours des choses. A l'origine du projet, un désir de construire un univers musical à partir de méthodes obliques (rien de choquant à ce que des improvisateurs se donnent des contraintes à partir desquelles travailler) inspirées notamment du théâtre; Kruglov se dit également influencé par la peinture et la poésie de ses contemporains. Ses indications à ses compatriotes prennent une forme écrite – à chaque lettre de l’alphabet correspond un son, mais aussi une valeur symbolique, métaphorique, philosophique. On peut penser à des méthodes Braxtoniennes ou encore aux « game pieces » de John Zorn (Archery, Cobra…), ici en version nettement moins hyperactive. Autre contradiction apparente (rien de tel pour faire émerger des esthétiques inouïes), un souhait de développement narratif (d'où peut-être aussi l'aspect "fleuve" de cet enregistrement) couplé à l’impératif déjà cité de laisser les sons guider la musique. Un projet finalement cohérent, pour un résultat parfois déroutant, comme il se doit.
 
L'auditeur n'a d'ailleurs pas besoin de connaître les rouages de cette musique, des fondations qui la sous-tendent aux engrenages qui la meuvent, pour en apprécier les circonvolutions, pour se laisser entraîner sur la voie empruntée par les musiciens, raconteurs d'une histoire dont ils ne connaissent pas par avance le développement, dont ils découvrent les détours et les moments-clé à mesure qu'ils prennent la parole, s’expriment et se répondent. Parfois aussi, l’un ou plusieurs d’entre eux se taisent. En résulte une musique totalement imprévisible, entre empilements anarchiques et ligne claire (les contrastes et les  résonances tiennent les rôles principaux ici), dans laquelle se font entendre des échos de free jazz, de minimalisme et de musique contemporaine ou même traditionnelle (orientale) et encore, ô stupeur, une conclusion rien moins qu’harmonique dans les trois dernières minutes. Kruglov se partage à parts égales entre les saxophones (alto et ténor, parfois seulement embouchures) et le piano - dont il est un praticien aguerri et sur lequel il tenait ici à s'exprimer - même si sa réputation s'est faite jusqu'à présent sur son travail de soufflant. Se succèdent ainsi des ambiances qui se délitent aussi vite qu'elles se sont construites, emportées par un mouvement que je ne peux que qualifier de fluvial ou de tectonique - régulier, puissant, inexorable, et dont la soumission aux lois de la physique n'empêche pas que se créent - parfois par accident - des formes étonnantes, fantaisistes, effrayantes, dont ni les artistes ni les auditeurs ne peuvent soupçonner l'existence jusqu'à l'instant-même ou celles-ci se font jour: alors même qu’elle se base sur des notations écrites, cette musique s’avère phénoménale, au sens propre. Comme lorsque l’on dit, en observant a posteriori le cours des événements : « C’était écrit ! »
 
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